Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

2017-06-02

2017 - JUN-JUI - chap. LV







LV. Dans un mois, dans un an, comment... ?




Souffrirons-nous de ne pas savoir ? Supporterons-nous que tant de contrevérités nous séparent de la vérité ?
S'agissant des médias, il faut distinguer entre mensonge et contrevérité. Le mensonge, c'est l'écart entre ce que l'on sait et ce que l'on dit.
Lorsqu'on déforme consciemment et intentionnellement ce que l'on sait être vrai, on ment, et c'est en général pour en tirer un bénéfice personnel, plus ou moins direct. 
En revanche, quand un journaliste profère une affirmation fausse sans intention de tromper, il ne ment pas. Il ignore peut-être les faits ou doute de leur authenticité ou refuse d'y adhérer. Il ne ment pas, il profère une contrevérité. 
Les journalistes ne sont pas les seuls à produire pour des raisons avouables ou inavouables des contrevérités. Il y a des gens incapables de distinguer le réel de l'imaginaire, la réalité de la fiction, et pourtant ils sont sincèrement convaincus d'être dans le vrai.
Et puis il y a ceux pour qui le réel n'a pas eu lieu, ceux qui sont dans le déni.  Ils ne mentent pas, pour eux le réel n'a qu'à bien se tenir, faute de quoi il peut aller se faire voir ailleurs. L'illustre exemplairement, à la fin de Soudain l'été dernier, Katharine Hepburn, incarnant Violet Venable, qui entame une ascension vers le délire, refuge du déni. L'ascenseur l'emporte dans les airs, prisonnière d'un indicible secret, emmurée dans une horreur inavouable, loin d'une réalité qu'elle ne peut pas changer, devant laquelle sa construction narrative s'est écroulée comme un château de cartes.

Sommes-nous prêts à quitter le jardin des croyances rassurantes, à mordre dans le fruit défendu de l'arbre de la connaissance ? La vérité est-elle si amère qu'elle n'est accessible qu'aux héros ?
Ceux qui pensent qu'elle est une valeur humaine, une condition sine qua non de la confiance, du sentiment d'appartenir à la même espèce, de jouer nos rôles sur la même scène, ceux-là perçoivent toute tentative d'en priver les individus ordinaires, de la leur soustraire, comme un abus de pouvoir.

René Magritte - Le fils de l'homme (1964)
Les motifs du non-dit sont-ils rationnels, un certain ordre du monde est-il en jeu, la paix sociale en dépend-elle ?
Un secret d'État ? Un principe moral ou une question légale ?
Selon le précepte de Machiavel certaines informations doivent rester secrètes pour que le Prince ait une chance de gouverner le peuple. La raison d'État, nous y voilà ? Autrement dit le privilège du souverain d'agir hors la loi pour les intérêts de l'État.







Quelle sorte de sécurité peut exiger le secret des archives de Operation Grange ? Et celui des archives du Leicestershire Constabulary, plus anciennes ? Hormis la crédibilité d'autorités, de magnats et de célébrités qui ont imprudemment exposé leur crédulité au lieu de faire travailler ce qui, dans la boîte noire de chacun, en s'aidant d'un examen critique, raisonne ? 

La crédibilité de Colin Powell se trouva dans de fort mauvais draps, lorsqu'on s'aperçut qu'il avait utilisé, pour étayer son discours aux Nations-Unies sur la présence en Irak d'armes de destruction massive, un document plagié, provenant d'une source douteuse et fourni par l'administration de Tony Blair.  Toute chance de candidature de CP à la présidence des EUA s'effondra.

Mutatis mutandis, quid de la crédibilité du commissaire-adjoint Mark Rowley ? À l'occasion du 10è anniversaire de la disparition de MMC, du bout des lèvres mais le cœur léger, il admit que la relecture du dossier de la PJ avait tenu à l'écart les principaux protagonistes de l'affaire MC, au prétexte que l'enquête des Portugais avait donné toute satisfaction à leur égard. Dans ces conditions, la révision, puis l'investigation, ne pouvaient être que partielles, elles étaient aussi par conséquent et hélas partiales.

Il est vrai que SY avait été sollicité en vue d'aider les MC, pas de les incriminer. S'il était hors de question de les mettre en question, les questionner était évidemment exclu. Même s'ils étaient les dernières personnes à avoir vu MMC, même si la ligne de temps élaborée par la PJ sur le modèle cosigné par les protagonistes soulevait de sérieuses interrogations, que le procureur avait soulignées et qui exigeaient une reconstitution des faits, même si Kate MC avait refusé de répondre aux 48 questions de la PJ mais reconnu que ce refus entraverait l'enquête, etc. 
Tout le monde conviendra que tout se passe comme si les dés avaient été pipés.

On met 20 ans à bâtir une réputation et 5 minutes à la détruire - Warren Buffet

Quand un témoin refuse de répondre à de simples questions, les enquêteurs interprètent cela comme une sorte d'hostilité, a fortiori si l'investigation porte sur la disparition d'un enfant. Quand c'est un suspect qui refuse de répondre, les policiers ont tendance à y voir un indice de culpabilité. Quand c'est la mère de l'enfant qui refuse, il n'est pas facile pour les policiers chargés de retrouver l'enfant de se dire que la loi le permet et de s'interdire d'y songer davantage.
L'avocat des MC craignait tellement que ses clients s'auto-incriminent (en particulier en raison de failles dans la concertation, nobody's perfect) qu'il a opté pour l'attitude la moins risquée que permettait la loi, tout simplement ne pas répondre. Il était sûrement conscient que des parents innocents n'avaient rien à gagner en refusant de coopérer avec la police, ils avaient même beaucoup à perdre s'agissant de leur enfant disparue. Et pourtant il a conseillé aux MC de s'abriter derrière un mur de silence. Il était, il est vrai, l'avocat des MC, pas de Madeleine.
Finalement le Yard a fait plus que cautionner ce parti pris, justifié dans le cas d'un avocat de la défense, il l'a reproduit alors même que, pour ce faire, il devait s'affranchir indéfectiblement des principes fondamentaux de l'investigation criminelle.

 

Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles ont l'air d'être..

Il semblait aller de soi que les TP9, étant les protagonistes les plus proches de ce qui était arrivé à PDL, Operation Grange les interrogerait à nouveau. 
Après tout, quelques minutes après la constatation de la disparition, une famille irlandaise avait croisé un homme portant une petite fille très semblable à MMC.
Après tout il y en avait deux, dans cette famille, qui pensaient que cet homme pourrait être Gerald MC.
Après tout un chien avait détecté une odeur de cadavre là où MMC avait été vue pour la dernière fois, et nulle part ailleurs.
Après tout Kate MC avait refusé de répondre aux 48 questions de la PJ tout en sachant que cela nuisait à l'enquête criminelle.
Après tout les TP7 avaient, avec la bénédiction des MC, refusé de participer à une reconstitution.
Après tout les MC savaient que l'enquête criminelle s'arrêterait si la reconstitution n'avait pas lieu.
Après tout, confrontés à l'ordonnance de classement, ils auraient pu encore solliciter la phase d'instruction, qui impliquait toutefois le retour du statut de témoin assisté dont ils étaient soulagés de se voir libérés.
Après tout les MC avaient ignoré Smithman pendant 2 ans puis l'avaient dissout, autrement dit anéanti, dans Tannerman, construisant un inconcevable ravisseur errant en rond avec un enfant sur les bras dans les rues de PDL pendant trois quarts d'heure.
Après tout le ravisseur officiel et privilégié, Tannerman, était le seul qui fournissait un alibi à tous les TP.
Après tout camoufler Smithman derrière Tannerman était comme dissimuler une Madeleine disparue, mais morte, derrière une Madeleine enlevée, mais vivante.
Après tout les MC étaient si peu intéressés par Smithman qu'ils avaient gardé pendant 5 ans au fond d'un tiroir deux portraits-robots que leurs enquêteurs privés avaient établis, etc.
Au vu de tous ces attendus, réinterroger les TP9 aurait-ce été du luxe ?


À présent l'on sait que ces pensées raisonnables n'ont pas été celles des autorités judiciaires britanniques. Et on le sait non par ouïe dire, non par un blogueur, non par une source proche du Met, mais de la bouche même du commissaire-adjoint de SY ! D'entrée de jeu les TP9 ont reçu le statut d'intouchables, autrement dit ont été écartés de cette construction qu'est une enquête criminelle, exclus d'une analyse fondée sur l'opposition charge et décharge, comme, dans l'organisation indienne de la société fondée sur l'opposition du pur et de l'impur, les intouchables sont relégués hors du système des castes.
La police la plus célèbre de la planète a œuvré pendant maintenant 6 ans au service de la théorie de l'enlèvement, parce que tel était le credo des MC, une profession de foi tranchante, péremptoire, sans tolérance pour toute autre doctrine. Cela semble ahurissant, mais qu'on n'y voie nul indice de complot, ce qui rend cette affaire extra-ordinaire, c'est simplement et précisément l'adhésion inconditionnelle de ceux qui, sans grand effort d'imagination, en se fiant à l'a priori de la pureté victimaire, ont avec ingénuité ajouté foi à ce qui n'était qu'un dogme.

La boucle de Möbius

Qu'on ne se voile pas la face, accepter que certaines données soient mises en avant et que d’autres deviennent invisibles est faire un travail de censeur. Que les raisons soient justes ou arbitraires, que les intentions soient pures ou louches, que les causes soient bonnes ou perdues. En opérant une sélection, on se pose en détenteur de la vérité et on s'arroge le droit de sanctionner ce qui ne cadre pas avec le dogme. Vieille histoire.

Le commissaire-adjoint ne s'est pas seulement disqualifié en faisant l'impasse sur les principaux protagonistes de la disparition de MMC, il s'est discrédité en négligeant délibérément (car preuve existe que la traduction du jugement final du STJ est parvenu à SY) les remarques sans ambiguïté de la Haute Cour portugaise dans une affaire où les MC se présentaient abusivement comme "innocents et ayant été innocentés (par le procureur de la république)".

Une affaire d'État, d'États ? La marque d'un assujettissement de la part des Portugais ? On se souvient du directeur de la PJ qui voulait à tout prix éviter un ping pong d'escarmouches et ne réagissait donc pas. La commodité recommande la résistance plutôt que la rébellion, le principe fondamental étant de ne pas être plus royaliste que le roi. Le roi cherche un ravisseur qu'il ne trouvera pas, peut-être tout simplement parce qu'il n'existe pas, mais tant pis pour le roi, le vassal n'y peut mais et ne prendra sûrement pas le risque de mécontenter son suzerain en insinuant qu'il pourchasse un fantôme.
Quand la réalité, trop complexe, ne se laisse pas appréhender facilement, quand le fact checking est ardu, ce qui confère une fiabilité aux informations est la réputation de l'informateur, autrement dit qui il est et ce que il sait. 

Quelles sont les vérités dont a besoin la société de l'information ? Et pouvons-nous faire confiance aux sources incertaines des médias ? Après tout, la vérité pure a peu de chances d'être à notre portée en raison de nos limitations, mais nous saurions nous satisfaire des faits, ou plutôt, comme le remarquait Nietzsche, des interprétations que nous développons à partir d'une matière brute et inaccessible sans ce travail sur elle. Pour ce faire encore faut-il que l'interprète soit conscient de n'être que cela précisément, un interprète.


Tout ce que nous entendons est une opinion, non un fait. Tout ce que nous voyons est une perspective, non la vérité. Marc Aurèle
Juin

06 – Bien qu'il n'y ait eu que menace ou rumeur de procès en diffamation dans l'affaire MC (les demandeurs n'ayant pas réussi à apporter la preuve d'une diffamation à leur endroit), il est intéressant de voir que les tribunaux britanniques voient régulièrement décroître ce qui a fait désigner Londres comme la capitale du libel turism, soit en 2016 (112) à peu près la moitié des procès en diffamation de 2007 (233).

12 – 2nde lettre de Jill Havern à Theresa May et Cressida Dick. 


16 – Blacksmith Bureau - The Pivot 

17 – Portugal Resident rapporte les trois questions que pose aux autorités un ex-superintendant britannique, auteur de "What really happened to MMC" :
- Il ne s'agit pas de vendetta contre les parents MC, mais de la quête de vérité sur ce qui est arrivé à Madeleine.
- Si les MC, leurs enquêteurs privés, la PJ ou Operation Grange sont capables de fournir une narration crédible, cohérente et pertinente sur ce qui s'est passé entre 21h et 21h50 le 3 mai 2007, alors nous voudrions tous l'entendre.
- Mais chaque morceau de ce qui nous a été conté s'est révélé faux, erroné, hors sujet ou simplement mensonger.
19 – Blacksmith Bureau - Flames

28 – Chronique de Pat Brown dans laquelle elle raconte ses tentatives  de résoudre (hors tribunal) la représentation diffamatoire, dans le programme Sunday Night, des propos tenus lors d'une interview (par vidéo conférence) par Rahni Sadler pour le compte de la chaîne TV australienne Seven West Media. La conclusion est qu'il vaut mieux ne jamais se prêter à une expérience de ce type, à moins que l'interview ne soit en direct, donc non manipulable.


27 – Blacksmith Bureau - The Great Escape - Conclusion




Juillet
 

01 –  Reportage dans l'émission C dans l'air de la chaîne TV France 5, consacrée à l'affaire Villemin (octobre 1984) qui vient de connaître de nouveaux rebondissements, notamment grâce à un "nouvel" outil, l'Analyst’s Notebook Anacrim. Aucune mort n'a fait couler autant d'encre que celle de ce petit garçon dont le ou les assassins courent toujours. Est citée à titre de comparaison, la britannique affaire MC. Ou les médias français ne se sont pas mis au parfum ou la chape de plomb britannique a le bras long, les faits rapportés accréditent sans état d'âme la narration politiquement correcte: 
. MMC a été enlevée dans de mystérieuses circonstances, mais, le commissaire-adjoint est cité, Scotland Yard examine des pistes sérieuses.
. Les parents, un temps soupçonnés "de manière ridicule" (dixit leur chargée de com), ont été blanchis.
. La police portugaise, faute d'avoir été à la hauteur, a dû mettre un terme à son enquête. 





Au Royaume-Uni, plus d'une personnalité de la vie politique, financière et culturelle a engagé sa perspicacité en exprimant son opinion (ou plutôt en confortant la position officielle, ainsi on ne prend pas de risque) sur l'affaire MC. 
Hurler avec les loups demeure donc, jusqu'à nouvel ordre, une question de survie intellectuelle.
Mais qui, en France, pourrait avoir intérêt à divulguer la version erronée des faits présentée par le reportage de C dans l'air ? Personne. On est donc probablement seulement devant un cas de mauvais journalisme.
Il reste que tout cela est inquiétant, car nous dépendons de nos forces de police, seules habilitées à enquêter à fond  et sans préjugés. Tout indique que l'investigation entreprise par OG s'est fondée sur le préjugé que MMC a été enlevée. Le temps de la re-lecture, compte tenu des éléments factuels établis par les Portugais, aurait dû démontrer que OG n'avait aucune raison valide de réduire son champ de recherche à la seule possibilité d'enlèvement. 
Si le Yard a vraiment accepté de procéder à la re-lecture, puis à l'investigation de l'affaire avec des limitations, c'est un scandale aux proportions épiques.
Dans l'état actuel des choses, OG est désespérément en manque de ravisseur pour justifier six années de travaux et de dépenses afférentes.
Un jour tout cela sera certainement examiné et jugé, mais pour les autorités britanniques, le plus tard sera sans doute le mieux. La question qui pourrait se poser est d'en finir en annonçant qu'on n'a rien trouvé, que l'affaire était trop "froide", avec le risque de s'attirer les foudres de forums qui ne se sont pas penchés sur la disparition de MMC pendant dix ans pour s'en laisser conter. L'alternative serait de faire comme les Portugais : annoncer qu'on arrête les frais, mais qu'on reste attentif. 
L'une ou l'autre résolution, en raison du temps écoulé sans aucun résultat, ouvrirait la voie au débordement de spéculations débridées et incontrôlables.


11 – Article du Sun à prendre avec des pincettes :  selon une source proche,  les MC auraient renoncé à recourir auprès de la CEDH, par manque de temps, d'énergie et d'argent, un argument qui ne convaincra personne puisque, tout d'abord déposer une requête ne coûte rien et ensuite, la source proche semble l'oublier, ce sont les MC qui ont déclenché toutes ces actions en justice grâce à l'argent de Madeleine's Fund, donné pour rechercher Madeleine. Ils l'ont fait parce qu'ils ont pris au sérieux le livre de Gonçalo Amaral et ont essayé pendant 8 ans de faire taire GA et de le faire juger comme diffamateur, autrement dit de le discréditer. 
La limite de dépôt d'une requête à la CEDH est de 6 mois (pour l'instant) après le dernier jugement définitif, il n'est pas nécessaire d'engager un avocat (un avocat est utile plus tard, une assistance juridique est possible). La juge de première instance a débouté les trois enfants, dont Madeleine, mais les MC n'ont pas fait appel de cette décision, semblant indiquer que ce qui comptait pour eux était leur réputation. Qui a assumé le coût des recours en appel ? 
La source proche fait comme si le recours auprès de la CEDH était contre Gonçalo Amaral, et non contre l'État portugais, qui n'a pas donné raison aux MC : Réalistiquement un appel auprès de la CEDH n'a aucune chance de succès et serait trop coûteuse. Il semble que, malheureusement, M. Amaral a gagné cette fois et pour toujours. La lutte est finie.
Ils voudraient maintenant se concentrer sur la recherche de MMC. Pourtant, il y a deux mois, Gerald MC déclarait à la BBC avoir l'intention de poursuivre la bataille légale contre l'ex-commissaire Gonçalo Amaral, parce que le dernier jugement était terrible. Et nul n'en disconviendra.
Ironie du destin, les MC semblent subir ce qu'ils voulaient infliger à Gonçalo Amaral : discrédit et manque d'argent. Le financement provenant en fait de Madeleine's Fund (seul est publié le minimum requis des comptes, donc presque rien, depuis l'assignation en justice de GA), c'est le fonds créé pour rechercher Madeleine et alimenté par des dons qui est fauché. S'il est hors de question pour les MC d'investir des fonds personnels, c'est donc, finalement, qu'ils acceptent le fait que GA ne les a pas diffamés.

 

12 – Autre article du Sun, qui dit tout le mal possible de Gonçalo Amaral, mais cite la conclusion du jugement du STJ établissant que les parents de Maddie n'ont pas été mis hors de cause dans la mort de Maddie par l'enquête de la police portugaise. Il semble que la mort de MMC ne soit plus mise en doute par la presse...
Qu'on ne dise pas que les appelants ont été mis hors de cause par l'ordonnance de classement de l'enquête de police. En vérité, le parquet a produit cette ordonnance non parce qu'il avait acquis la conviction de la non-commission de crime par les appelants, mais parce qu'il n'avait pas réussi à obtenir suffisamment d'éléments prouvant la commission de crime par ces derniers. Il y a une différence significative, et pas seulement sémantique, entre des arguments légalement admissibles pour justifier l'ordonnance de classement. Il paraît donc inacceptable de tenir la décision fondée sur l'insuffisance de preuves comme équivalant à une preuve d'innocence.


14 – Un chien HRD (spécialisé en odeur de cadavre humain) détecte, dans une vaste ferme en Pennsylvanie, l'endroit où est enterré, à presque 4 m de profondeur, le corps d'un jeune homme disparu 6 jours auparavant.
En Floride, un homme est condamné pour l'assassinat de sa femme dont le corps n'a pas été retrouvé. Parmi les éléments de preuve figurent les alertes de chiens HRD dans le coffre et la banquette arrière de sa voiture et  dans sa maison.  

16 – Piqués par quelque gazetier insinuant que Operation Grange prenait des vacances, les policiers britanniques assurent qu'il n'en est rien et qu'ils n'ont pas besoin d'aller en Algarve pour investiguer, mais observent nonobstant que d'ici à 11 semaines il n'y aura plus d'argent dans la caisse.


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Clarence Mitchell, la "source proche de la famille", assure comme toujours que les MCs sont avertis les premiers de la moindre nouvelle, le public venant plus tard, et rabâche le vieil argument "absolument rien n'indique qu'on ait fait physiquement du mal à MMC", il est donc logique de penser qu'elle est en vie, il serait illogique de ne pas le penser.
Toujours la même méconnaissance de la théière de Russell.

Quand le commissaire-adjoint du Met observe que les gens sont peut-être séduits par ce qu'ils voient dans les drames à la TV où les cas les plus complexes sont résolus en 30 ou 60 minutes, croit-il vraiment si bien dire ?  
Du moins il n'est pas mécontent : à présent le Yard dispose d'une saisie complète de l'affaire, beaucoup de voies se sont révélées sans issue, beaucoup de suspects potentiels ont été éliminés, il ne reste qu'une épure : quelques pistes jugées significatives. Certes de l'argent a été dépensé sans résultat, mais il n'a pas été jeté par les fenêtres, et aussi longtemps qu'il y aura des fonds disponibles, l'enquête se poursuivra s'il y a quelque chose à poursuivre.
What we started with here was something extraordinary.
We've achieved a complete understanding of it all. We've sifted out many of the potential suspects, many of the people of interest and where we are today is with a much smaller team focused on a small number of remaining critical lines of inquiry that we think are significant.
Big cases can take a lot of resources and a lot of time. We've tried to be careful about public money and as we've started with that massive sifting we've reduced the number of resources and the funding's reduced accordingly.
But we will stick with it as long as the funding's available and as long as there are sensible lines of inquiry to pursue.
Mais le jour où il n'y aura plus rien à poursuivre, où tous les chemins seront barrés car ne menant nulle part, ne faudra-il pas se souvenir du précepte de Conan Doyle



Une fois éliminé l'impossible, ce qui reste, tout improbable qu'il puisse être, doit être la vérité.



  17– Blacksmith Bureau - Don't Ask !

20 – Dans l'épisode du chapitre 3 de l'assez remarquable Estelle, disparue (France Culture), l'avocate Corinne Herrmann déclare :
On voit par exemple les Anglais, dans le dossier Maddie qui a disparu au Portugal, on sait qu'on a eu de l'information du monde entier. Non seulement ils ont traité l'information internationale, mais en plus ils ont fait des re-lectures de ce dossier et ils se sont rendus compte qu'ils (la PJ) étaient passés à côté d'une trentaine de suspects. On n'a pas cette culture de se remettre en cause.
On fait des re-lectures de dossier en France, nonobstant. Il n'est pas exact que les "Anglais aient reçu de l'information du monde entier", à moins que les infos se réduisent aux centaines de signalements erronés envoyés à la PJ qui pleuvaient dès que les MC faisaient campagne (toujours par procuration)  et qui ont fait perdre un temps inestimable. Ce que les Britanniques ont fait est une re-lecture du dossier, oui, mais une re-lecture quelque peu biaisée, à en croire le commissaire-adjoint du Met, puis une investigation visant plusieurs "suspects" (persons of interest). Ceux-ci, qui ont été interrogés en présence des Britanniques, l'avaient déjà été par les Portugais, qui n'avaient pas fait un si mauvais travail, puisque tous ont été mis hors de cause par SY. 



22 – Dans le Colorado, un père est inculpé pour le meurtre de son fils (13 ans, novembre 2012). Des chiens CSI et HRD avaient détecté des traces de sang et une odeur de cadavre dans plusieurs endroits de la résidence du père, sur des vêtements et dans son pick-up, mais des restes humains, identifiés comme ceux du jeune garçon, n'ont été découverts qu'en 2013, puis 2015, dans une région proche, très sauvage. 


24 – On apprend qu'un chien a alerté à l'odeur de cadavre face à une sandale que le petit Ben Needham (21 mois) portait lorsqu'il disparut il y a 26 ans sur l'île grecque de Kos. Des analyses forensiques sont en cours.

26 – Blacksmith Bureau – Sensitivité Training

 
27 – Dans une quiétude peut-être moins estivale que blasée, The Sun, probablement en manque d'affaire à sensations lucrative, publie deux articles racoleurs (ou s'espérant tels ?) sur l'affaire MC : le premier (Où est-elle, quel âge aurait MMC maintenant, quel âge avait-elle quand elle a disparu et à quoi pourrait-elle ressembler maintenant ?) se pose une série de questions vaines pour ne rien dire d'autre. Le second (La quête continue. Qu'est-il arrivé à MMC, quelles théories y a-t-il sur sa disparition et combien de signalements ont-ils été rapportés ?) réitère les faits alternatifs qui font ses délices.
Les médias ont-ils finalement perdu tout intérêt pour cette histoire sans rebondissements, attendent-ils du public le ressort qui leur fait défaut ?
Les MC ont-ils décidé de retraiter après leur défaite à la Haute Cour, qui a surtout fourni aux médias une occasion supplémentaire d'accabler le Portugal, soulagés que les tabloïds brandissent comme un reproche le coût élevé du recours à la CEDH pour expliquer qu'ils n'iraient pas plus loin ?
À moins que Operation Grange ne concocte une réponse convaincante ou du moins que personne ne saura contester, les MC se situent exactement là où la loi les plaçait il y a 9 ans :  au cœur de l'ère du soupçon.
Les intérêts de OG,  opération mise sur pied "pour venir en aide" aux MC, sont-ils ceux des parents ou de l'enfant disparue, à supposer que leurs intérêts respectifs ne se confondent pas ?
À moins d'une solution sinon satisfaisante, du moins non controversable, le Metropolitan Police Service sortira de l'affaire suspect d'avoir accepté de mener une enquête biaisée, autrement ne s'en sortira pas indemne.  

27 – Comment des chercheurs de l'université de Washington sont parvenus à faire dire n'importe quoi à n'importe qui, ou plutôt à faire croire que n'importe qui, ayant été filmé, dit n'importe quoi. Ici de vraies paroles de Barack Obama ont été mises dans sa bouche plusieurs années plus tard.

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L'outil inventé permet de convertir des fichiers audio en mouvements de bouche réalistes.